Home Les journalistes et leur(s) blog(s): liberté, identité, diversité? Liberté de ton retrouvée
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Les journalistes et leur(s) blog(s)
Écrit par Dimby Randriamalala   
Lundi, 26 Avril 2010 15:08

 

Le combat pour la liberté de la presse est toujours dactualité. Presse écrite, audiovisuel, média en ligne, aucuns néchappent à la censure, devenue omniprésente. La liberté des journalistes opérant dans les médias traditionnels reste sous surveillance. La publication de leurs œuvres se trouve conditionnée par le diktat de la ligne éditoriale de leur organe de presse. Seul, un média semble épargné : le blog ! Cet espace permet aux journalistes de retrouver une caractéristique fondamentale, chère à lexercice de leur profession, quest la liberté de ton.

 

Mais lespace destiné à ces journalistes dans leur média dorigine ne leur suffit-il pas pour sexprimer librement? Un groupe de chercheurs de lUCL sest penché, en 2007, sur cette énigme. Ils sont parvenus à une conclusion sans appel: les blogs permettent aux journalistes de trouver leur liberté dinformer.

 

Liberté de ton

 

Autonomes, les journalistes blogueurs sont maîtres dans leur faculté de penser leurs priorités et de traiter leurs contenus. Sur leurs blogs, ils se permettent de donner leur avis, sans pour autant se livrer à une subjectivité extrême, apanage « des journalistes Gonzo ». Le blog donne également, aux journalistes, la possibilité dadopter un ton critique vis-à-vis des propos rapportés par leurs interlocuteurs. Le risque de fâcher les entourages précieux des patrons presses ne demeure que pour les journalistes salariés.

Ces journalistes ne sont pas tenus, non plus, à respecter un canevas strict. Du coup, dans leurs articles, ils sautorisent un mélange de genres : du littéraire, du satirique à lhumoristique. Ils jouissent également dun large choix lexical. Registres familiers et soutenus, argots, néologisme et anglicisme se côtoient, étrangement à merveille, dans un blog journalistique. Dans les médias traditionnels, les termes qui enfreignent les règles de « bon usage » ne trouvent pas droit de cité.

A cette liberté de ton sajoute une liberté technique. Les journalistes blogueurs ne se trouvent pas confrontés au respect des délais stricts et au rigide format dun journal. Sur leurs blogs, ils peuvent mettre dautres applications (audio et/ou vidéo) qui serviront dillustrations et de compléments dinformation à leurs articles principaux. « Sur mon blog, je peux essayer des tas de choses : billets d'humeur, papiers moins économiques et plus sociétaux, reportages, portraits, business stories, chroniques culturelles, débat d'idées...avec une plume forcément plus personnelle et un peu plus déliée. Je suis le metteur en scène de mon info, pour la titraille, l'illustration et surtout je n'ai pas de contrainte de place », confie Jean-Christophe Féraud dan son billet intitulé « Twitter est une drogue dure pour les journalistes », consultable sur son blog « monecranradar.blogspot.com »

 

Liberté de dialoguer avec le public

 

Le blog dun journaliste est toujours centré sur son principal rédacteur qui parle avant tout de lui, de ce qui lintéresse et dévoile un pan de son identité. Dans ce nouvel espace médiatique, lexpression du « Je », première personne du singulier, semble donc, être le seul leitmotiv. Mais par cette affirmation de sa personnalité, le journaliste na pour effet escompté que sa visibilité. Au contraire, lusage du « Je » » permet au journaliste de retrouver la relation avec son lectorat. Sur son blog, le journaliste laisse libre champ aux visiteurs de critiquer ses billets, son style voire dapporter des suppléments dinformation. « Un bon journaliste online ne doit pas chercher à enterrer ses erreurs et doit même les admettre honnêtement pour gagner le respect de ses lecteurs », affirme toujours Jean-Christophe Féraud sur son blog. De cette manière, le journaliste a pu sortir de son rôle dautrefois, un peu passif, de transmetteur dinformation. Grâce aux blogs les journalistes ont donc retrouvé leur liberté de ton qu’ils estiment avoir perdu dans les médias traditionnels. Cependant, pour exister professionnellement, ces journalistes ont toujours besoin de leur organe de presse.

 

DIMBISOA RANDRIAMALALA