Home Les développements inter-médias Introduction : inter-médias
Introduction : inter-médias PDF
Les développements inter-médias
Écrit par Lorrie d'Addario et Damien Vossen   
Lundi, 03 Mai 2010 02:00

Aujourd’hui, nous, vous et les autres vivons dans une sphère où les médias se croisent et s’entrecroisent. Sur les ondes, de l’écran à la toile, du papier aux pixels, les médias sont multiformes. Mais comment nous, vous et les autres voyageons et entrons dans ces canaux informatifs ? Entre quantité et qualité, le voyage prend un nouveau tournant, celui du « développement inter-médias ».

 

Inter-médias ?

 

Dans les dictionnaires de langue française, le mot « inter-médias » n’a pas encore été introduit. Nom masculin, alors néologisme, il pourrait bientôt venir augmenter le volume de ceux-ci. Mais comme la plupart des nouveaux termes, il possède pourtant une origine. Une origine anglophone : celle de « cross-média »« l’information est structurée pour se développer sur différents médias. […] Chaque média attire le lecteur vers un média complémentaire. La frontière qui sépare médias papier et électroniques devient alors floue puisque le consommateur est invité à passer de l’un à l’autre  » [1].

 

 

Dim lights Download Embed Embed this video on your site

 

 

C’est à ce stade, nommé « convergence » que l’on se positionne actuellement. Et pour preuve, à la fin de chaque journal télévisé, le présentateur renvoie le téléspectateur à la chaîne radio ou au site internet de la chaîne. Plus spécifiquement, le journal Le Soir s’adonne à la même pratique en renvoyant sans cesse ses lecteurs de la version papier vers son site internet qui, lui-même, annonce les dossiers importants qui seront développés dans le journal du lendemain. Le lecteur-auditeur navigue donc d’un média à l’autre : du « radio-télé » au « radio-télé-web » au « radio-télé-web-mobile ».


Le processus inter-médiatique a été grandement favorisé par l’arrivée d’internet qui a permis de faire le lien entre tous les supports, avant d’en devenir un à part entière. Le développement des réseaux 3G et les autres accès internet à distance ont amélioré la mobilité de l’audience des médias, instituant d’emblée un public à aller chercher pour les éditeurs de presse. Les réseaux sociaux ont d’ailleurs intégré récemment ce développement : les utilisateurs de Facebook peuvent lire les articles de la Dernière Heure ou de la Libre qui ont été marqués par leurs connaissances. Le contenu journalistique s’écoule dés lors sur de nombreuses plateformes différentes, même si les productions propres restent limitées.


Si le décloisonnement des frontières entre les médias est certain, la part active du consommateur l’est elle aussi. Ainsi, « il accède à l’information en suivant son propre chemin et interagit pour enrichir le contenu publié, le nourrir de sa propre expérience […]  » [2]. Le télénaute devient alors une source d’informations et un contributeur actif pour les émissions. Récemment, on a vu Sébastien Nollevaux, présentateur du journal télévisé du 13 heures de la RTBF, poser à son invité, en plein journal, une question qui venait d’un téléspectateur.

 

En résumé, le développement inter-médias, c'est :

  • Une même information traitée sur plusieurs supports spécifiquement.
  • Une contribution active du public comme source d'infos et comme commentateur.
  • Une mobilité accrue des publics : je lis ce que je veux, où je veux, quand je veux.

 

 

Les enjeux du développement inter-médias

 

La matière première de ce développement inter-médias est sans conteste le contenu informatif. Ce contenu se voit décliner sur divers supports et diverses plateformes de manière à toucher tous les publics qui sillonnent ainsi tous les médias. A tel point que la RTBF se repositionne stratégiquement avec le développement de son nouveau logo rtbf.be alliant activités commerciales et accès gratuit à l’information. Un nouveau positionnement dont on sait qu’il a provoqué l'ire des éditeurs privés de la presse écrite et audiovisuelle…


Un tel déploiement implique des changements structurels au sein des rédactions, ainsi qu’une transformation du travail des journalistes. Ceux-ci sont amenés à travailler sur plus de supports, qui pour certains sont complètement neufs. Ecrire un article pour un téléphone mobile, cela n’est pas tout à fait la même chose que pour un journal papier ou pour un site internet. Ces transformations obligent donc les journalistes à s’ajuster tant bien que mal aux stratégies de leur groupe de presse.


Si le développement inter-médias semble être irréversible, qu’en est-il de son effectivité ? Et si tout cela n’était qu’un nuage de fumée pour attirer une nouvelle audience ? On sait que les médias n’ont pas vraiment été à la fête ces dix dernières années [3], c'est donc l’occasion pour les journaux, radios et télévisions d’annoncer qu’ils font peau neuve, qu’ils relancent la machine informationnelle. Tout cela n’est peut-être, au fond, qu’une question de marketing ou une déclaration d’intention pour faire parler de son média.

 

Lorrie d'Addario et Damien Vossen