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Les développements inter-médias
Écrit par Loïc Verheyen   
Lundi, 03 Mai 2010 18:07

Depuis 2008, une nouvelle émission de médiation a fait son apparition dans le paysage audiovisuel de la Communauté française. Elle est issue tout droit du ‘Labs’, le laboratoire à ciel ouvert de la RTBF. Nom de code : ‘interMédias’. Particularité : active en radio, télé, web et sur les réseaux sociaux…


« Débattre de tous les médias sur tous les médias ! ». La formule, claire et directe, résume parfaitement un concept d’émission unique en son genre. ‘interMédias’ c’est avant tout « un projet qui consiste à essayer d’offrir aux gens des contenus qui leur permettent de mieux comprendre les évolutions des médias », explique Alain Gerlache, animateur du projet ‘interMédias’ à la RTBF. En somme, il s’agit d’une émission de médiation et de décryptage des pratiques médiatiques. Jusque là, rien de révolutionnaire. Là où ‘interMédias’ innove, c’est sur la forme, ou sur les formes devrait-on écrire. En effet, l’émission se décline sur plusieurs supports au sens large. On la retrouve à la radio, sur La Première, une fois par semaine et à la télé de façon bimensuelle, sur La Deux. Mais elle est aussi présente 24H/24 sur le net, Facebook et Twitter y compris ! Ce type de développement inter-médias d’une émission abordant des thèmes particulièrement pointus constitue une première à la RTBF et même « en Europe », se risque Damien Van Achter, spécialiste des nouveaux médias à la RTBF.

 

Ce projet est né d’une « intuition », confie Alain Gerlache. « On s’est rendu compte qu’on était dans une phase où les médias avaient tendance à se multiplier, poursuit-il. Si les médias changent, nous devons changer notre façon de travailler. Je ne comprends pas comment des gens peuvent parler de certaines choses sans les avoir pratiquées ». L’équation est simple : pour parler de tous les médias, il faut être présent… sur tous les médias. En 2008, Alain Gerlache prend alors le pari de décliner un même concept sur plusieurs plateformes.

 

Vidéo promotionnelle

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Source : Dailymotion

 

 

Publics et interactivité

 

Mais l’homme des médias de la RTBF ne veut pas être plus technologique que le Pape. En effet, le développement inter-médias ne doit pas devenir la façade moderne de la vieille maison Reyers. « Il faut que ça ait réellement un sens en termes de contenu », insiste Alain Gerlache. Chaque média possède ses spécificités et ses publics propres ». Cette donne est prise en compte dans les thématiques abordées : « A la radio, on essaie de partir de sujets très liés à l’actualité de la semaine, connus de tous, expose Alain Gerlache. Puisqu’il n’y a pas de phase d’explicitation, il faut directement rentrer dans le débat ». ‘interMédias’ télé privilégiera plutôt les sujets qui nécessitent d’être vus pour être compris. De plus, « on sait qu’une émission à la radio à 9h du matin touche un public un peu plus large qu’une émission télé à 22h45 qui peut être un peu plus pointue », ajoute-t-il.


Et internet dans tout ça ? Le site d’‘interMédias’ va plus loin que la simple mise à disposition des contenus radio ou télé : « On a mis en place un système qui permet d’interagir directement avec son login Twitter ou Facebook », explique Damien Van Achter. Dans un tel contexte, un mot est roi : ‘interactivité’. L’idée est de proposer aux internautes d’envoyer du contenu (texte, vidéo, son) qui peut être relayé en direct sur le plateau de l’émission. Les différents médias ne vivent donc plus cloisonnés dans leur univers : « On déformate les programmes, lance Damien Van Achter. On est plus dans un système où on broadcast uniquement. On récupère aussi ce qui se passe pour faire émerger de nouveaux usages à la surface des médias traditionnels ».

 

Damien Van Achter explique le concept d'interMédias

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Source : RTBF

 

 

Une stratégie qui pose question

 

Cependant, il est légitime de se demander si le public ne risque pas de se perdre dans cette véritable galaxie inter-médias dénoyautée. Car si ‘trop de contenu tue le contenu’, trop de contenu sur trop de médias ne va-t-il pas désorienter le public ? « On s’est dit que la médiation, c’était aussi apprendre aux gens à utiliser les médias d’aujourd’hui et à se débrouiller », justifie Alain Gerlache.

 

Un autre aspect du développement inter-médias suscite des interrogations. C’est devenu un lieu commun, les médias sont en compétition constante pour conquérir de nouvelles parts de marché. Dans ce contexte de concurrence exacerbée, donner un même titre à une émission déclinée sur plusieurs médias ne permet-il pas de gonfler ses scores d’audiences ? « Oui, il y a une stratégie de marque là-derrière, concède Alain Gerlache. Mais à partir du moment où on n’a pas à rougir du contenu de l’émission, je ne vois pas l’inconvénient à ce qu’elle soit mise à disposition du plus grand nombre de gens ».


Quoi qu’il en soit, la RTBF assure que le concept du développement inter-médias est voué à « ‘grimper’ sur d’autres émissions ». Le principal, c’est de pouvoir rester critique. Il faut apprendre à se protéger des dangers et à profiter des possibilités des nouveaux médias. Pour les décoder un nom mais une galaxie de déclinaisons : ‘interMédias’.

 

Alain Gerlache, vous êtes présent sur tous les médias, comment faites vous pour être toujours partout ?

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Loïc Verheyen