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Les développements inter-médias
Écrit par Siham Najmi   
Lundi, 03 Mai 2010 19:07

Si le développement inter-médias apporte un riche foisonnement en termes d’offres médiatiques, s’il permet l’interactivité croissante avec le public, il est aussi révélateur d’une certaine approche marketing. Dans ce domaine, d’ailleurs, l’inter-médialité a le vent en poupe et séduit doucement les métiers de l’information.

 

Les agents publicitaires l’ont bien compris, pour donner à leur message la plus grande effectivité, il faut démultiplier les supports pour s’attacher l’intérêt du plus grand nombre. C’est le B-A-BA de la science marketing : la plus grande visibilité possible vis-à-vis du plus grand public possible. Cela inclut les publics des médias traditionnels que sont la presse, les affiches, la radio ou la télévision mais aussi des nouveaux médias comme internet ou encore les téléphones mobiles. Comme il a été rappelé lors de l’émission interMédias du 11 décembre 2009, il s’agit donc de décliner le message publicitaire à l’envi, au gré de campagnes publicitaires dont l’orchestration est toujours plus sophistiquée. C’est que le maître mot de la campagne inter-médias est la complémentarité. Il faut que les différents médias convoqués marchent de concert pour intéresser durablement le consommateur à la marque en question. Une étude canadienne a ainsi démontré que la campagne menée de front à la télévision sur la toile était bien plus efficace que la campagne basée sur un seul de ces médias.



Buzz… quand la toile a régné

 

Et en la matière, Internet joue un rôle prépondérant. Non seulement, sa configuration permet de développer l’écrit, l’audio et la vidéo de manière tout à fait inédite et simultanée, mais il tend à toucher un public tout aussi inédit vu sa faculté de propagation. C’est là toute l’importance du buzz qui, lorsqu’il intervient sur le web, peut toucher des millions d’internautes en un temps record. Aussi les agences de pub tentent-elles par tous les moyens de provoquer le buzz qui leur assurera la reconnaissance internationale. Pour ce faire, elles peuvent compter sur un allié de taille : l’internaute qui se fera fort, si la publicité est à son goût, de la partager avec tous ses contacts, initiant une chaîne de propagation fulgurante. Cette participation du public se marque aussi par l’interactivité inhérente à un média comme internet. Par son côté bidirectionnel, l’e-marketing permet aussi au public de commenter ce qu’on lui donne à voir. Ainsi se forge une nouvelle communication à laquelle participe pleinement le public qui décidera d’encourager ou de descendre tout ce qu’on osera lui présenter. Le succès de ce type de médiatisation attire évidemment les annonceurs publicitaires qui affluent en masse sur la toile, avec une prédilection affirmée pour les moteurs de recherche.

 

 

Côté information aussi…

 

L’inter-médialité n’intéresse pas que la sphère marketing. Les groupes de presse ne sont pas en reste, juste en retard. Ici aussi, il s’agit d’une stratégie de marque (voyez l’interview vidéo d’Alain Gerlache) visant à fidéliser le public vis-à-vis d’un groupe de presse particulier. Et ici aussi, c’est l’interactivité qui est prônée, particulièrement grâce à l’exploitation de l’outil internet. Cette espèce de refonte généralisée des médias abolit les frontières traditionnelles entre les journalistes des différents médias pour aboutir à une collaboration progressive de tous, au service d’un seul nom, d’une seule marque. « Cela montre aussi que l’entreprise marche bien, qu’on n’est pas limité dans la rédaction, qu’on prend le train en marche », explique Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information à la RTBF. Fabrice Cecchi, rédacteur en chef du site RTLinfo.be, estime lui que cela a toujours existé, « l’ADN d’une marque dans laquelle les gens se reconnaissent. » mais il reconnaît tout de même que « l’entreprise est facilitée par cette convergence qui conduit à une information plus polyvalente ». Si les sites internet des différents médias d’information commencent à s’affirmer (100.000 visiteurs par jour pour la RTBF, 80.000 pour RTL notamment), ils n’attirent pas encore énormément d’annonceurs publicitaires, plus enclins à préférer la télévision et son audience bien plus étendue.

 

 

Inter-médiaS

 

Ainsi, la chaîne de télévision RTL-TVI draine-t-elle 10 fois plus de spectateurs que le site du même groupe de visiteurs. Internet apparaît donc comme la nouvelle plate-forme inter-médias tant au niveau de la publicité que de l’information mais pas nécessairement au détriment des autres médias qui se voient différemment exploités tout en gardant leur public et donc leur raison d’être.

 

Siham Najmi
Crédits image : widea.fr